PORTE CHAPEAU : Un objet modeste, témoin de l'esprit de son temps ( Utilisation des arts décoratifs dans un but d'édification des masses), de la maitrise d'un matériau ,la fonte ( ou le bronze) , d'une technique , la fonderie comme révolution technique et industrielle au 19° avec ses odeurs de charbons ses épaisses fumées jaunâtres ...
Introduction
Objet modeste , présent dans tous les foyers depuis que l'homme inventa
le chapeau , timidement caché derrière la porte, jamais autorisé dans
les pièces nobles , dissimulé par toutes sortes de charges
vestimentaires , étouffé par des couches de peinture au plomb comme pour
renforcer son camouflage et la nature vulgaire de sa matière , le
Porte-chapeau vit sa vie discrète , d'objet utilitaire,tellement
indispensable qu'il semble avoir toujours été là. A tel point qu'on
l'oublie bien souvent lors des déménagements!! Et que de chemin
parcouru depuis le clou ou la cheville de bois d'autrefois plantés
dans le mur ! C'est donc de réparation qu'il s'agit maintenant , à
travers le regard du collectionneur peut être celui du lecteur
changera-t-il.
Le porte-chapeau qui nous occupe est le
porte-chapeau de la fin du 19e et du début du 20e siècle en fonte ou en
bronze. Savez vous que la seule fonderie CAMION FRERES à Charleville
Meziere en propose dans son catalogue de 1891 plus de 25 modèles
déclinés en matériaux et finitions différents (fonte de fer et bronze
bronze ,similor , vernis anglais, cuivre vieux poli ou verni .. on y
trouve même un modèle de sacristie !) ?
Assurément c'est par centaines qu'il faut compter les modèles et par dizaines qu'il faut compter les thèmes.
Photos de porte-chapeaux
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Au 19ème siecle : la fonte
D'abord trouver de la fonte et n'est pas facile . Du minerai de fer ( creuser plus ou moins profond ), bien le laver (au moyen d'un patouillet) afin de le débarrasser de ses impuretés, bien le concasser, le broyer (avec le brocard) et mettre le tout à cuire disons autour de 1200 à 1300 degrés dans un (haut) fourneau en ajoutant le coke (pour le coke distiller un peu de houille) .
Vous l'avez compris la fonte c'est un mélange de fer et de carbone. Donc, la chose qui coule en bas du haut fourneau c'est de la fonte , on la récupère dans un grand moule, on obtiendra une gueuse qui sera encore à affiner à découper elle pourra être refondue subir l'ajout d'additifs .... l'usine quoi !
Voila enfin une mission digne d'un porte-chapeau ! apporter un supplément d'âme et de beauté dans le plus modeste des logis ouvriers , pour un cout modique tout en restant fonctionnel... Mais je m'égare revenons à la fonte, car notre porte-chapeau n'est pas encore terminé. Une fois démoulé il n'est pas encore prêt à être consommé et doit subir quelques interventions .
Il restait encore à usiner l'engin, la perce du socle pour la fixation au mur, le raccordement de la tige ( au socle les belles pièces sont en général coulées en 2 parties ) et le travail des extrémités pour recevoir les "boules" en verre ou en porcelaine par exemple. Attention toutefois lors de toute ces manipulations à ne pas l'échapper car la fonte est cassante ; c'est là sont talon d'Achille ,c'est pourquoi dans ces ateliers les sols étaient parfois en rondins de bois .
Voila ; on a maintenant un joli porte chapeau , va se poser le problème de l'entretien . Assez simple au demeurant ; pas de vidange tous les 10 000 , mais en l'état il contient du fer beaucoup de fer et le fer ça rouille! On peut donc le peindre ou le laisser au sec et l'astiquer de temps en temps. La 2° solution permet d'apprécier la beauté de la matière.
Admin
le samedi 23 octobre 2010